09.08.2009

Des droits pour les 18/25 ans !

De plus en plus de jeunes à la rue

Alors qu'à ses débuts, le Comité des Sans-Logis voyait venir une grande majorité de SDF relativement àgés (35 ans et plus), de plus en plus de jeunes, dont un nombre croissant de jeunes femmes, ont commencé à rejoindre ses rangs.

Cette situation n'est que le reflet du fait que la population des SDF s'est considérablement rajeunie au cours de ces dernières années. Les raisons en sont multiples, mais la rupture avec le milieu familial en est la principale cause.

En effet, alors qu'auparavant les jeunes restaient (dans l'immense majorité des cas) au domicile familial jusqu'à l'entrée définitive dans la vie active (même les "rebelles" des années 60-70 rentraient le soir à la maison...) la situation économique de ces dernières années a ajouté de nouvelles raisons de créer des vives tensions dans le bloc familial, causant dans les cas extrêmes le départ du jeune.

Cette tensions pouvant provenir de plusieurs raisons. Par exemple :

  • Les parents étant au chômage, et n'ayant pas de ressources (telles que le RMI) pour les aider, certains préfèrent partir pour ne pas devenir une charge pour le reste de la famille.
  • Ne trouvant pas de travail et subissant la pression de leur entourage, ils "coupent les ponts" en allant ailleurs.

Une fois partis du domicile parental, ils trouvent la plupart du temps un hébergement chez des amis ou d'autres membres de la famille, mais cela ne dure qu'un temps, et ils finissent tôt ou tard à la rue ou dans un Foyer d'Hébergement d'Urgence.

 

Pas de ressources avant 25 ans.

Dans la rue et sans ressources, les jeunes sont donc contraints de se rendre dans les Centres d'Action Sociale pour quémander des tickets restaurants et quelques aides financières, qu'on rechigne, dans la plupart des cas à leur accorder autrement qu'en échange d'une formation/insertion qui leur est inutile tant qu'ils n'ont pas de logement.

Il existe cependant, dans la loi sur le RMI, une aide qui leur a été destinée : Le Fonds d'Aide aux Jeunes (FAJ) Malheureusement, l'existence de cette aide est tellement peu diffusée, que ces dernières années, le budget qui lui était alloué n'était pas dépensé entièrement ! Il y a donc un travail d'information à faire à ce sujet.

Il en reste que venir quémander le FAJ, la Carte Orange, et autres tickets restaurants ne constitue pas une assurance de revenu.

 

Le RMI pour les moins de 18/25 ans

Actuellement le RMI est interdit aux jeunes de moins de 26 ans, pour des raisons "d'incitation à l'entrée de la vie active". En fait, le législateur a considéré que donner le RMI aux jeunes chômeurs dès leur sortie du milieu scolaire les inciterait à ne pas entrer dans le monde du travail :

Ceci pose deux problèmes de fond :

  • Il montre une discrimination flagrante dans le principe d'égalité de traitement des citoyens. Ceci est contraire à l'article 1 de la Déclaration des Droites de l'Homme de 1789 (cité au début de cette page).
  • D'autre part, le fait que le RMI soit interdit aux moins de 25 ans pose aussi un problème par le fait que même les jeunes ayant travaillé quelques années et ayant terminé leurs droits aux ASSEDIC n'y ont pas droit, alors qu'un jeune ayant fait de longues études mais n'ayant jamais travaillé peut y avoir droit dès la sortie de l'université.

 

Sans ressources, pas de logement

De nombreux offices HLM ont institué un "plancher" de ressources en dessous duquel ils refusent systématiquement toute demande de logement.

Et en rupture avec le milieu familial, les jeunes n'ont souvent personne pour se porter garant pour le paiement de la caution chez un propriétaire privé.

Sans aucune ressource, il est donc impossible aux jeunes de postuler pour un logement, et sans logement durable, il est extrêmement difficile de trouver un emploi stable.

Les jeunes se retrouvent donc dans un cercle vicieux duquel ils ont peu de chance d'échapper.

 

Des logements sans ressources

Pourtant, suite à l'occupation de l'immeuble de la rue du Dragon, et surtout de celui du boulevard Malesherbes, qui comprenait un nombre encore plus important de jeunes sans-logis, les négociations ont permis d'obtenir des logements (chambres de bonne et studios) pour des loyers extrêmement bas (mais cependant pas éloignés des loyers des HLM). Par exemple, plusieurs d'entre eux payent des loyers de moins de 100F par mois (APL déduite). Ce dernier point est important, car si nous avons pu obtenir ces logements, c'est parce que nous avons réussi à imposer la prise en compte de l'APL en soustraction du montant des loyers, ce que ne font pas habituellement les organismes HLM.

Une fois ces logements obtenus, la plupart de ces jeunes ont pu s'insérer dans la vie active, chose qu'ils n'avaient pas pu faire lorsqu'ils étaient à la rue, ou même dans des Foyers.

C'est pour cela que nous demandons, avant même l'entrée de tout parcours d'insertion (formation...) :

  • L'accès au logement sans condition de ressources.
  • L'extension du RMI aux 18/25 ans
  • Maintenant c'est le RSA que l'on refuse au moins de 25 ans le RMI étant remplacé par le RSA

       Auteur : Le site web : Comité des sans logis

23:43 Ecrit par pat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook

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